Dr Patrick Bellemare, pneumologue-intensiviste, et chef médical adjoint -Programme de soins intensifs. Il est médecin spécialiste et enseigne la médecine à Sacré Cœur depuis 27 ans. Il incarne bien l’héritage de bienveillance et d’excellence des Sœurs de la Providence, nos fondatrices, et la thématique de notre campagne conçue pour marquer le 100e anniversaire de l’Hôpital du Sacré-Cœur-de-Montréal : Consacrer cœur et âme à chaque patient, depuis 100 ans.
« J’ai trouvé à l’Hôpital du Sacré-Cœur une atmosphère et une équipe uniques pour affronter une multitude de drames humains transformés, un à la fois, en petits et grands miracles.
Nos succès ont tous été des succès d’équipe. J’ai eu la chance d’être impliqué dans quelques-uns de ces cas en y mettant beaucoup de ma propre énergie. Madame C, hémorragie sévère sur décollement du placenta, sortie in extremis d’un scénario fatal certain alors que j’étais résident ici : elle a transformé ma vie, me rendant accro aux soins critiques.
Il y a eu par la suite, Éliane et Justine, deux polytraumatisées de la route dont la survie était improbable et qui ont, avec l’aide de l’équipe, vaincu tous les pronostics les plus sombres pour revenir à la vie. Daniel, qu’une infection grave a presque emporté, qui a complètement récupéré au plus grand bonheur de ses quatre enfants. Jordan, qui n’a malheureusement pas survécu à son traumatisme crânien, mais qui continue de vivre en ayant sauvé six personnes lors du don d’organes subséquent à son accident.
Le destin me fait revoir à l’occasion les proches de patients qui n’ont pas survécu. Comme Caroline, cette adorable maman qui a perdu son fils à la suite d’un grave traumatisme. Chaque fois que je la rencontre, elle symbolise tout le potentiel de la résilience humaine et me rappelle gentiment que je n’incarne pas le pire traumatisme de sa vie même si j’étais un des soignants présents et impliqués dans la tentative de sauvetage de ce qu’elle avait de plus précieux. La première fois que je l’ai revue après le décès de son fils, je croyais qu’elle venait me maudire en personne alors qu’elle venait me remercier pour mon humanisme…. Je n’en suis pas encore revenu.
Dans les moments les plus difficiles, il y en a…, je repense à ce qui me rend le plus fier. L’extraordinaire équipe à laquelle j’appartiens, celle-là même qui dans un environnement franchement défavorable a contribué à faire de notre milieu un des plus beaux exemples de rempart dans la lutte pandémique. Dans un vieil hôpital où on s’est « bricolé » une structure d’isolement temporaire, nous étions là et donnions le service. La pandémie n’allait pas gagner.
J’en suis venu à croire fermement qu’avec de la motivation, un bon sens humain et une équipe motivée et compétente : il n’y a pas de défi à notre épreuve
Longue vie à Sacré-Cœur et à son équipe! »

