Son histoire

De l’Hôpital des Incurables à l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal

Le jour de la fête du Sacré-Cœur, le 1er juin 1898, un groupe de femmes laïques inaugure dans le centre-ville de Montréal un petit hôpital pour y accueillir une douzaine de malades dits incurables.

Histoire

Chambre

La communauté des Sœurs de la Providence prend en charge l’établissement en 1899. Un plus vaste édifice comptant 375 lits est érigé sur le boulevard Décarie, dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce. Il sera connu sous le nom de l’Hôpital des Incurables (cancéreux, tuberculeux, invalides et autres malades très pauvres).

Dévasté par un grave incendie, l’édifice du boulevard Décarie est reconstruit sur un immense terrain du boulevard Gouin, à Cartierville, et retrouve son nom originel d’Hôpital du Sacré-Cœur-de-Montréal.


 

Histoire

Cafeteria

Quelques dates importantes :

  • 1897 : Fondation de l’Hôpital des Incurables
  • 1898 : Déménagement de l’Hôpital des Incurables au centre-ville de Montréal
  • 1899 : Déménagement sur la rue Saint-Denis, entre les rue Marie-Anne et Mont-Royal
  • 1899 : Prise en charge par la Sœurs de la Providence
  • 1900 : Déménagement de l’Hôpital des Incurables sur le boulevard Décarie, à Montréal
  • 1919 : Fondation du sanatorium Albert-Prévost
  • 1923 : Incendie qui a détruit l’Hôpital des Incurables
  • 1923 : Achat d’un terrain de la ferme Gohier-Lapierre à Cartierville et début de la construction de l’Hôpital
  • 1926 : Inauguration de l’Hôpital du Sacré-Cœur-de-Montréal sur les lieux actuels sur le boulevard Gouin. Il est alors spécialisé dans le traitement des tuberculeux.
  • 1931 : Mise sur pied du Département d’orthopédie par le Dr Édouard Samson
  • 1933 : Fondation du 1er service de chirurgie thoracique francophone du pays par le Dr Norman Bethune
  • 1951 : L’Hôpital du Sacré-Cœur-de-Montréal devient un hôpital général
  • 1955 : Le sanatorium Albert-Prévost devient l’Institut Albert-Prévost
  • 1973 : Affiliation de l’Hôpital du Sacré-Cœur-de-Montréal à l’Université de Montréal pour la recherche et l’enseignement
  • 1973 : Fusion de l’Institut Albert-Prévost avec l’Hôpital du Sacré-Cœur-de-Montréal
  • 1973 : Désignation de l’Hôpital comme centre tertiaire de traumatologie pour tout l’ouest du Québec

Du Sanatorium Albert-Prévost à l’Hôpital en santé mentale Albert-Prévost

De retour de Paris où il avait fait des études post-doctorales en neurologie, le Dr Albert Prévost a fondé le Sanatorium Albert-Prévost à Cartierville en 1919. Approche très innovatrice pour l'époque, où les malades psychiatriques alors étaient traités dans les asiles, il accueillait dans son établissement des malades atteints de névroses, psychoses légères, toxicomanies, neurasthénie, appelées aussi maladies nerveuses. Avec le concours précieux du docteur Edgar Langlois et de l'infirmière Charlotte Tassé, les traitements médicaux étaient dispensés conjointement avec une approche axée sur la psychothérapie et la thérapie de milieu. Le docteur Albert-Prévost est décédé en 1926 dans un accident d'auto, et ce sont les infirmières Tassé et Lépine qui ont continué à administrer l'établissement et ainsi assurer sa survie et le maintien de la qualité reconnue des soins dispensés.

Devenu l’Institut Albert-Prévost en 1955, l'établissement joua un rôle de pionnier dans le développement de la psychiatrie au Québec en y introduisant les approches thérapeutiques les plus reconnues aux États-Unis et en Europe à cette époque, et en maintenant constamment le cap sur des traitements centrés sur la personne plutôt que sur la maladie uniquement. Le docteur Camille Laurin a joué un rôle de premier plan à ce moment, en assurant la transition entre traitement par compassion et thérapie spécifiquement appuyée sur les problématiques psychiatriques rencontrées et sur les modalités de traitement en constante évolution à cette époque.

 

Dr Albert Prévost
Dr Albert Prévost

l'infirmière Charlotte Tassé
l'infirmière Charlotte Tassé

 


Santé mentale Sanatorium Prévost - vers 1948

Dans les années 1960-70 l'approche de la psychiatrie communautaire, en mettant sur pied un réseau de cliniques de secteurs, a contribué à améliorer l'accessibilité aux soins et la proximité des équipes soignantes avec les problématiques socio-psychiatriques des populations desservies. La prévention, aussi bien que le traitement, faisait partie des préoccupations des équipes.

En 1972 l'Institut devient le Pavillon Albert-Prévost de l'Hôpital du Sacré-Coeur.

Un autre grand virage innovateur a eu lieu dans les années 1990 alors que l'ensemble du dispositif de soins s'est regroupé en cliniques orientées autour du concept de programmes, indiquant par cette terminologie l'intention d'offrir à l'ensemble de sa clientèle psychiatrique la gamme des thérapies reconnues comme les plus appropriées à chaque condition.

L'ensemble de cette démarche orientée vers l'exigence d'une qualité de soins à des patients considérés dans leur contexte personnel et social a fait que le Pavillon Albert-Prévost demeure un lieu d’enseignement privilégié en psychiatrie qui accueille habituellement jusqu’à la moitié des cohortes des résidents en psychiatrie de l’Université de Montréal, des infirmières, des psychologues et des ergothérapeutes en stage de perfectionnement

Merci aux auteurs de ce texte : Jean Leblanc, Christiane Bertelli et Thanh-Lan Ngô